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Diagnostic immobilier à Serre Chevalier : passoires thermiques

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Par Morgan NEVIERE

À Serre Chevalier, la réalité immobilière se heurte à un mur thermique. Près de 78 % des lits touristiques de la station sont classés F ou G sur le diagnostic de performance énergétique (DPE), selon une étude Conitiff relayée par le SIVM. Cette proportion place la vallée parmi les territoires les plus exposés aux interdictions progressives de mise en location. Les constructions des années 1960, bâties sans préoccupation d’isolation thermique, subissent de plein fouet les hivers à -15°C. Les propriétaires de résidences secondaires, qui représentent 80 % du parc immobilier local, font face à un choix stratégique : rénover ou perdre la capacité de louer. Le calendrier réglementaire ne laisse plus de place à l’hésitation. L’interdiction de louer les logements classés G est effective depuis janvier 2025. Les logements classés F suivront en 2028. Et les logements classés E en 2034. Pour une station dont l’économie repose sur la location saisonnière, le diagnostic immobilier à Serre Chevalier devient un levier incontournable pour anticiper, planifier et agir.

En bref

  • 78 % des hébergements touristiques de Serre Chevalier sont des passoires thermiques (DPE F ou G).
  • Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la nouvelle mise en location.
  • Les logements classés F seront concernés dès 2028, puis les E dès 2034.
  • Sans rénovation, les Alpes du Sud risquent de perdre 700 000 nuitées en hiver et 200 000 en été.
  • Le diagnostic immobilier (DPE, Amiante, Loi Carrez) est obligatoire avant toute vente ou location.
  • Des aides financières existent : MaPrimeRénov’, CEE, TVA à 5,5 %.
  • L’immeuble Le Télécabine à La Salle-les-Alpes est le premier projet pilote de réhabilitation énergétique accompagné par Atout France.

Passoires thermiques à Serre Chevalier : un parc immobilier sous tension réglementaire

Le terme de passoire thermique désigne tout logement dont le DPE affiche une étiquette F ou G. Concrètement, il s’agit d’un bien dont la consommation énergétique dépasse 330 kWh/m² par an en énergie primaire, ou dont les émissions de gaz à effet de serre excèdent 70 kg CO2eq/m² par an. À Serre Chevalier, cette définition concerne une écrasante majorité du parc immobilier touristique. Ces bâtiments, construits pour la plupart entre 1960 et 1980, n’ont jamais été conçus pour répondre aux standards actuels de performance énergétique.

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a posé le cadre réglementaire. Vous êtes propriétaire d’un studio à Villeneuve-la-Salle ou d’un appartement au Monêtier-les-Bains ? Vous devez vérifier la classe énergétique de votre bien. Les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Vous devez impérativement faire réaliser un nouveau diagnostic de performance énergétique par un diagnostiqueur certifié. Sans ce document à jour, toute transaction ou mise en location est juridiquement compromise.

Le SIVM de Serre Chevalier, regroupant Saint-Chaffrey, La Salle-les-Alpes et Le Monêtier-les-Bains, a mené un travail de terrain pour sensibiliser les copropriétaires. Jean-Marie Rey, président du SIVM et maire du Monêtier-les-Bains, l’affirme sans détour : la non-location de ces résidences va impacter frontalement l’économie de la station. Vous pouvez consulter cette analyse détaillée du problème des passoires thermiques à Serre Chevalier pour mesurer l’ampleur du phénomène.

Le calendrier est implacable. Depuis août 2022, les loyers des logements classés F ou G sont gelés. Depuis janvier 2025, les logements G sont interdits à la nouvelle mise en location ou au renouvellement de bail. En 2028, les logements F suivront. En 2034, les logements E seront à leur tour concernés. Pour une station où la location saisonnière type Airbnb représente le moteur économique principal, chaque mois d’inaction creuse un déficit futur.

Prenons un exemple concret. Un propriétaire possédant un deux-pièces de 35 m² à Chantemerle, construit en 1965, avec des fenêtres simple vitrage, un convecteur électrique vétuste et aucune isolation des murs extérieurs. Ce bien obtient un DPE classé G. Depuis janvier 2025, ce propriétaire ne peut plus signer de nouveau bail ni renouveler un bail existant. S’il souhaite continuer à louer son appartement aux vacanciers, il doit engager des travaux de rénovation. Le locataire, de son côté, dispose d’un recours juridique : il peut saisir un juge pour exiger la réalisation de travaux, avec possibilité de réduction ou suspension du loyer.

Au niveau national, environ 5 millions de logements sont classés passoires thermiques. Mais la concentration à Serre Chevalier atteint des proportions uniques. Cette station se distingue par un taux de résidences secondaires parmi les plus élevés de France. Or, les dispositifs d’aide comme MaPrimeRénov’ ciblent principalement les résidences principales. Les propriétaires de résidences secondaires doivent donc trouver des montages financiers alternatifs, ce qui rend le diagnostic immobilier d’autant plus stratégique pour chiffrer les travaux nécessaires et évaluer leur rentabilité.

Le froid en altitude : pourquoi le DPE est plus sévère dans les Hautes-Alpes

Vous vous demandez pourquoi votre bien situé à 1 400 mètres d’altitude obtient un DPE aussi défavorable ? La réponse se trouve dans la méthode de calcul elle-même. Le DPE repose sur la méthode 3CL (Calcul de la Consommation Conventionnelle des Logements), qui prend en compte cinq usages : chauffage, eau chaude sanitaire, éclairage, refroidissement et ventilation. Cette méthode intègre les données climatiques locales. À Serre Chevalier, les températures hivernales descendent régulièrement sous les -10°C, avec des pointes à -20°C. Le nombre de degrés-jours de chauffage y est nettement supérieur à celui d’une ville de plaine comme Gap ou Grenoble.

Ce paramètre climatique pèse lourdement sur la note finale du DPE. Un même appartement, avec les mêmes caractéristiques constructives, obtiendra un classement E en plaine et F ou G en altitude. Le froid prolongé sollicite davantage les systèmes de chauffage, accentue les déperditions thermiques par les parois, les fenêtres et la toiture. Les ponts thermiques, ces zones de faiblesse dans l’enveloppe du bâtiment, deviennent de véritables hémorragies calorifiques lorsque l’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur dépasse 30°C.

Dans les immeubles des années 1960-1970, la situation est aggravée par l’absence totale d’isolation extérieure. L’immeuble Le Télécabine, à La Salle-les-Alpes, illustre cette problématique. Construit en 1962, il conserve une chaudière fioul d’origine et un système de chauffage largement dépassé. Jean-Claude Vinatier, président du conseil syndical, reconnaît que les travaux nécessaires représenteront un investissement considérable. La copropriété a voté en novembre la réalisation de diagnostics complets, dont les résultats orienteront la décision collective.

L’efficacité énergétique en montagne ne se résume pas au chauffage. La ventilation joue un rôle déterminant. Les anciens bâtiments disposent rarement d’une VMC (ventilation mécanique contrôlée) performante. L’humidité s’accumule, favorise les moisissures et dégrade le confort intérieur. Les occupants, confrontés à des factures de chauffage astronomiques, réduisent parfois le thermostat à des niveaux insuffisants, créant un cercle vicieux de précarité énergétique et de dégradation du bâti.

Pour les propriétaires bailleurs de Serre Chevalier qui louent en saisonnier, le DPE conditionne désormais la légalité de leur activité. Un propriétaire qui met en location un bien classé G sur une plateforme de réservation s’expose à des poursuites. Le locataire peut exiger la mise en conformité du logement, saisir la commission départementale de conciliation ou directement le tribunal judiciaire. L’enjeu dépasse le simple classement énergétique : il engage votre responsabilité juridique. Pour approfondir les obligations des propriétaires de passoires thermiques en 2025, vous trouverez des précisions réglementaires détaillées.

Autre particularité montagnarde : le gel et le dégel fragilisent les matériaux. Les enduits extérieurs se fissurent, les joints de menuiserie se rétractent, les infiltrations d’air se multiplient. Un audit énergétique réalisé dans les règles identifie ces pathologies invisibles à l’oeil nu. À Serre Chevalier, je constate régulièrement des défauts d’étanchéité à l’air sur des menuiseries qui paraissent en bon état visuel mais laissent passer un volume d’air froid considérable. C’est pourquoi un diagnostic rigoureux, réalisé par un professionnel connaissant les contraintes alpines, apporte une valeur bien supérieure à un simple formulaire administratif.

Diagnostic immobilier obligatoire à Serre Chevalier : DPE, Amiante, Loi Carrez et au-delà

Le DPE attire toute l’attention médiatique, mais le diagnostic immobilier à Serre Chevalier ne se limite pas à cette seule expertise. Lors d’une vente ou d’une mise en location, vous devez constituer un dossier de diagnostics techniques (DDT) complet. Chaque diagnostic répond à une obligation légale précise, avec des seuils et des conditions spécifiques.

Le diagnostic Amiante concerne tous les biens dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. À Serre Chevalier, cela englobe la quasi-totalité du parc immobilier touristique. Les immeubles construits dans les années 1960 et 1970 contiennent fréquemment de l’amiante dans les dalles de sol, les flocages, les conduits de chauffage et les faux plafonds. Le repérage avant travaux est indispensable si vous prévoyez une réhabilitation énergétique. Percer un mur contenant de l’amiante sans précaution expose les occupants et les artisans à un risque sanitaire grave.

La Loi Carrez s’applique à toute vente d’un lot de copropriété. Elle impose la mesure précise de la surface privative, excluant les surfaces dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre. Dans les appartements de montagne, souvent situés sous les combles ou avec des pentes de toit, cette mesure peut réduire significativement la surface habitable déclarée. Une erreur de plus de 5 % ouvre droit à une action en diminution du prix de vente pour l’acquéreur. La précision du mesurage protège le vendeur autant que l’acheteur.

Le diagnostic électricité est obligatoire pour toute installation de plus de 15 ans. Les bâtiments anciens de la vallée de la Guisane présentent régulièrement des installations électriques non conformes : absence de mise à la terre, disjoncteurs inadaptés, fils dénudés derrière les plinthes. Dans un contexte où les chauffages électriques d’appoint sont fréquemment utilisés pour compenser une chaudière collective défaillante, le risque d’incendie ou d’électrocution augmente. Ce diagnostic identifie les anomalies et classe leur gravité.

Le diagnostic gaz suit la même logique pour les installations de plus de 15 ans. L’immeuble Le Télécabine, avec sa chaudière fioul de 1962, illustre un cas où le remplacement du système de chauffage collectif entraîne une cascade de diagnostics obligatoires. Le passage du fioul à une pompe à chaleur ou à un réseau de chaleur biomasse modifie les paramètres du DPE et impose un nouveau diagnostic gaz si des installations individuelles subsistent.

Le diagnostic plomb (CREP) concerne les logements construits avant le 1er janvier 1949. Quelques bâtiments anciens du Monêtier-les-Bains ou de Briançon, situés dans les centres historiques, entrent dans cette catégorie. La présence de peintures au plomb dégradées constitue un risque sanitaire, particulièrement pour les enfants.

Voici un récapitulatif des diagnostics obligatoires selon votre situation :

DiagnosticVenteLocationCondition d’application
DPEObligatoireObligatoireTous les biens
AmianteObligatoireObligatoire (parties privatives)Permis de construire avant juillet 1997
Loi CarrezObligatoireNon obligatoire (Loi Boutin pour la location)Lot de copropriété
ÉlectricitéObligatoireObligatoireInstallation de plus de 15 ans
GazObligatoireObligatoireInstallation de plus de 15 ans
Plomb (CREP)ObligatoireObligatoireConstruction avant le 1er janvier 1949
ERP (État des Risques)ObligatoireObligatoireZone à risque définie par arrêté préfectoral
Audit énergétiqueObligatoire si F ou G (monopropriété)Non obligatoireVente d’un bien classé F ou G en monopropriété

L’État des Risques et Pollutions (ERP) mérite une attention particulière dans les Hautes-Alpes. Le département 05 est classé en zone de sismicité 4 (moyenne) pour certaines communes. Les risques naturels — avalanches, glissements de terrain, crues torrentielles — imposent la mention de ces aléas dans le dossier de diagnostics. Vous vendez ou louez un chalet à Villeneuve-la-Salle situé en zone d’aléa moyen d’avalanche ? L’ERP doit le mentionner explicitement. Pour vérifier les obligations liées à l’audit énergétique en cas de vente, le site Service Public reste la référence réglementaire.

Locations saisonnières Airbnb à Serre Chevalier : le piège réglementaire des passoires thermiques

Serre Chevalier vit au rythme des saisons touristiques. L’hiver attire les skieurs, l’été les randonneurs. La location saisonnière, via des plateformes comme Airbnb ou Booking, constitue le principal revenu de milliers de propriétaires. Mais cette activité se heurte désormais à un obstacle réglementaire de taille : un logement classé G ne peut plus être loué, même pour une semaine de vacances.

Vous pensez que la location saisonnière échappe aux règles du DPE ? Détrompez-vous. La loi impose un DPE valide pour toute mise en location, y compris les meublés de tourisme. La réglementation applicable aux propriétaires de passoires thermiques s’applique sans distinction entre bail classique et location saisonnière. Un propriétaire qui continue de louer un logement G sur Airbnb s’expose à un recours du locataire, à une amende et à une requalification du logement en bien indécent.

L’impact économique pour la station est chiffré. Selon les estimations d’Atout France, sans rénovation énergétique, les Alpes du Sud perdront 700 000 nuitées en hiver et 200 000 nuitées en été d’ici 2034. Ces chiffres traduisent une hémorragie économique directe pour les commerces, les remontées mécaniques, les écoles de ski, les restaurants et l’ensemble de l’écosystème touristique de Serre Chevalier.

Jean-Marie Rey pointe également un risque connexe : la location anarchique, sans déclaration de taxe de séjour. Des propriétaires, découragés par le coût des travaux de rénovation, pourraient être tentés de louer « sous le radar », sans DPE, sans déclaration en mairie. Cette pratique, en plus d’être illégale, prive la collectivité de recettes fiscales indispensables à l’entretien des infrastructures de la station.

Comment anticiper ? Vous possédez un appartement dans une résidence touristique à Chantemerle ou à Briançon ? Voici la démarche à suivre :

  1. Faites réaliser un DPE à jour par un diagnostiqueur certifié intervenant dans les Hautes-Alpes.
  2. Identifiez la classe énergétique de votre bien : G (interdit à la location dès 2025), F (interdit dès 2028), E (interdit dès 2034).
  3. Demandez un audit énergétique si votre bien est classé F ou G et que vous envisagez la vente en monopropriété.
  4. Consultez votre syndic pour évaluer la possibilité de travaux collectifs (isolation extérieure, remplacement du chauffage collectif).
  5. Mobilisez les aides financières : MaPrimeRénov’ (sous conditions), CEE, TVA à 5,5 %, éco-PTZ.
  6. Planifiez les travaux avant la prochaine échéance réglementaire pour maintenir votre capacité locative.

Le programme national « Rénovation des stations », piloté par Atout France, a retenu Serre Chevalier parmi 25 stations prioritaires. L’objectif est d’accélérer la rénovation globale de l’immobilier de loisir. L’immeuble Le Télécabine, à l’Aravet, fait figure de projet pilote. La copropriété étudie la surélévation d’un étage dont la vente financerait les travaux d’isolation thermique et de remplacement des menuiseries. Ce modèle économique innovant pourrait inspirer d’autres copropriétés de la station.

Le cas des locations saisonnières soulève aussi la question du DPE projeté. Ce document, indispensable pour les banques lors d’une demande de prêt travaux, simule la classe énergétique du bien après rénovation. Il permet de démontrer à l’organisme prêteur que l’investissement aboutira à un logement conforme aux exigences réglementaires. Sans DPE projeté, obtenir un financement bancaire pour rénover une passoire thermique devient particulièrement complexe. Découvrir le rôle du DPE projeté dans les projets de rénovation vous éclairera sur cette démarche vitale.

L’Avis de l’Expert Hautes-Alpes

Après des années à parcourir les vallées de la Guisane et de la Clarée, à inspecter des centaines de biens entre Briançon, Chantemerle et Le Monêtier-les-Bains, je vous livre un constat sans ambiguité : le froid d’altitude aggrave systématiquement le classement DPE. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est un paramètre que vous devez intégrer dans votre stratégie patrimoniale.

Un conseil pragmatique, tiré directement du terrain. Avant d’engager des travaux d’isolation ou de remplacement de chauffage, faites réaliser un test d’infiltrométrie (ou test de la porte soufflante). Ce test mesure le débit de fuites d’air de votre logement. Dans les immeubles anciens de Serre Chevalier, je constate des taux d’infiltration deux à trois fois supérieurs aux normes actuelles. Un appartement peut disposer d’une isolation correcte et d’un chauffage performant, mais si les fuites d’air ne sont pas traitées — joints de menuiseries dégradés par le gel, passages de gaines non étanchés, coffres de volets roulants non isolés — la consommation énergétique reste démesurée.

À 1 400 mètres d’altitude, un courant d’air froid à -15°C qui traverse une pièce chauffée à 20°C génère un inconfort immédiat et une surconsommation de chauffage considérable. Le traitement de l’étanchéité à l’air est souvent le geste le moins coûteux et le plus rentable en termes de gain de classe DPE. Il peut suffire à transformer un classement G en F, ou un F en E, pour un investissement de quelques centaines d’euros par logement.

Autre point stratégique : ne négligez pas le diagnostic Amiante avant travaux. Les résidences de Serre Chevalier construites entre 1960 et 1980 contiennent souvent de l’amiante dans des endroits insoupçonnés — colles de carrelage, conduits de ventilation, joints de dilatation. Lancer des travaux d’isolation intérieure sans ce diagnostic préalable vous expose à un arrêt de chantier et à des surcoûts de désamiantage pouvant multiplier le budget par trois. En tant que diagnostiqueur intervenant dans le département 05, je vous recommande systématiquement de coupler DPE et repérage amiante dans une seule intervention. Cela vous fait gagner du temps et vous donne une vision complète de l’état de votre bien.

Enfin, pour les copropriétés qui envisagent une rénovation collective, le Diagnostic Technique Global (DTG) représente la première étape indispensable. Il dresse un état des lieux complet de l’immeuble : structure, enveloppe, réseaux, équipements communs. Il identifie les travaux prioritaires et propose un plan pluriannuel. À Serre Chevalier, où les assemblées générales de copropriété réunissent des propriétaires dispersés sur tout le territoire national, le DTG constitue le socle objectif autour duquel construire un consensus.

Rénover pour sortir du statut de passoire thermique : travaux, aides et stratégie à Serre Chevalier

La question n’est plus de savoir s’il faut rénover, mais comment. Le rapport du DPE formule des recommandations de travaux. L’audit énergétique, obligatoire pour la vente d’un bien classé F ou G en monopropriété, va plus loin en proposant des scénarios chiffrés de réhabilitation énergétique. Ces deux documents constituent votre feuille de route.

À l’échelle d’un appartement individuel, les travaux les plus fréquemment recommandés à Serre Chevalier sont :

  • L’isolation des murs par l’intérieur : solution réalisable sans accord de copropriété, mais entraînant une perte de surface habitable (attention au mesurage Loi Carrez).
  • Le remplacement des menuiseries par du double ou triple vitrage : gain thermique immédiat, réduction des infiltrations d’air froid.
  • Le changement du mode de chauffage individuel : passage d’un convecteur électrique vétuste à un radiateur à inertie programmable avec robinet thermostatique.
  • L’amélioration de la ventilation : installation d’une VMC hygroréglable pour maîtriser l’humidité sans déperdition excessive de chaleur.
  • Le remplacement de l’éclairage : passage aux LED, un geste simple qui améliore marginalement le DPE.

Cependant, les travaux individuels atteignent vite leurs limites. Un appartement situé dans un immeuble mal isolé par l’extérieur, avec un chauffage collectif fioul obsolète, ne pourra pas atteindre la classe D par les seuls travaux privatifs. C’est pourquoi la rénovation globale à l’échelle de l’immeuble reste la solution la plus performante. L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) des façades et de la toiture, le remplacement du système de chauffage collectif, la réfection de la ventilation : ces interventions combinées permettent des gains de 2 à 4 classes énergétiques.

L’exemple de l’immeuble Le Télécabine à La Salle-les-Alpes est éclairant. La copropriété, composée d’une centaine d’appartements répartis en deux entités, explore la surélévation d’un étage. La vente des nouveaux logements créés financerait les travaux collectifs de rénovation. Ce montage, accompagné par Atout France dans le cadre du programme « Rénovation des stations », représente un modèle reproductible pour d’autres copropriétés de la station. Le vote des diagnostics a recueilli l’adhésion de 70 % des propriétaires, signe d’une prise de conscience collective.

Côté aides financières, voici les dispositifs mobilisables :

  • MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur : pour un projet permettant un gain d’au moins deux classes. Bonus de 10 % pour la sortie du statut de passoire thermique (passage de F/G à D minimum).
  • MaPrimeRénov’ geste par geste : accessible aux propriétaires occupants et bailleurs (sauf revenus supérieurs).
  • MaPrimeRénov’ Copropriété : conditionnée par un gain de 35 % après travaux, avec bonification « sortie de passoire ».
  • Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) : primes versées par les fournisseurs d’énergie pour certains travaux.
  • TVA à 5,5 % : applicable à tous les travaux de rénovation énergétique et travaux induits.
  • Éco-PTZ : prêt à taux zéro pour financer le reste à charge.

Les conseillers France Rénov’ vous accompagnent gratuitement pour identifier les travaux prioritaires, monter vos dossiers de financement et sélectionner des artisans certifiés RGE. Dans les Hautes-Alpes, ces interlocuteurs connaissent les contraintes spécifiques du territoire : disponibilité limitée des artisans en saison, accessibilité des chantiers en hiver, nécessité de planifier les travaux extérieurs entre mai et octobre.

Ne reportez pas votre démarche. Chaque saison perdue représente un manque à gagner locatif et une dépréciation de votre bien. Les acquéreurs potentiels intègrent désormais le DPE dans leur décision d’achat. Un bien classé G à Serre Chevalier se négocie avec une décote pouvant atteindre 15 à 20 % par rapport à un bien équivalent classé D. La rénovation énergétique ne constitue pas seulement une obligation légale : elle protège la valeur de votre patrimoine immobilier.

Vous souhaitez connaître la classe énergétique de votre bien, évaluer les travaux nécessaires et chiffrer votre projet de rénovation ? Passez à l’action dès maintenant.

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Mon appartement à Serre Chevalier est classé G au DPE : puis-je encore le louer en saisonnier ?

Non. Depuis le 1er janvier 2025, tout logement classé G au DPE est interdit à la nouvelle mise en location et au renouvellement de bail. Cette règle s’applique également aux locations saisonnières (Airbnb, Booking). Vous devez réaliser des travaux de rénovation énergétique pour atteindre au minimum la classe F avant de pouvoir louer à nouveau, en sachant que les logements F seront à leur tour interdits dès 2028.

Pourquoi le DPE est-il plus défavorable en montagne qu’en plaine ?

Le DPE intègre les données climatiques locales dans son calcul via la méthode 3CL. À Serre Chevalier, les températures hivernales très basses (régulièrement sous -10°C) augmentent le nombre de degrés-jours de chauffage. Un même logement avec les mêmes caractéristiques constructives obtiendra une classe plus basse en altitude qu’en plaine, car la sollicitation du chauffage est nettement supérieure.

Quels diagnostics immobiliers sont obligatoires pour vendre un appartement à Serre Chevalier ?

Pour une vente, vous devez fournir un DPE valide, un diagnostic Amiante (si permis de construire avant juillet 1997), un mesurage Loi Carrez (lot de copropriété), un diagnostic Électricité et Gaz (si installation de plus de 15 ans), un diagnostic Plomb (si construction avant 1949), un État des Risques et Pollutions (ERP), et un audit énergétique si votre bien est classé F ou G en monopropriété.

Quelles aides financières existent pour rénover une passoire thermique à Serre Chevalier ?

Plusieurs dispositifs sont mobilisables : MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur (avec bonus de 10 % pour sortie de passoire thermique), MaPrimeRénov’ geste par geste, MaPrimeRénov’ Copropriété, les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique et l’éco-PTZ. Attention : certaines aides sont conditionnées au statut de résidence principale. Les conseillers France Rénov’ vous guident gratuitement dans vos démarches.

Qu’est-ce que le DPE projeté et pourquoi est-il indispensable pour les banques ?

Le DPE projeté est une simulation de la classe énergétique de votre bien après travaux de rénovation. Il est vital pour convaincre un organisme bancaire de financer votre projet. La banque vérifie que l’investissement aboutira à un logement conforme aux exigences réglementaires (sortie du statut de passoire thermique). Sans DPE projeté, obtenir un prêt travaux pour rénover un bien classé F ou G devient très difficile.

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Morgan

Gérant de RONIN SOLUTION depuis 2020. Forte passion pour les projets de rénovation et les diagnostics préalables et la finalité des diagnostics avant vente ou location. Certifié Diagnostiqueur.